Le café du Honduras est le premier producteur de café d’Amérique centrale, reconnu pour la diversité de ses terroirs d’altitude et son profil aromatique chocolaté et fruité.
- Production actuelle : environ 7 millions de sacs de 60 kg par an, devant le Guatemala et le Costa Rica.
- 6 régions productrices officielles définies par l’IHCAFE : Copán, Opalaca, Montecillos, Comayagua, El Paraíso et Agalta.
- Cultivé entre 1 000 et 1 700 m d’altitude, classé High Grown (HG) ou Strictly High Grown (SHG).
- Profil de tasse caractéristique : chocolat, fruits tropicaux, acidité douce et équilibrée.
- La DOP “Café de Marcala” (2005) est la première appellation d’origine protégée café d’Amérique centrale.
Longtemps éclipsé par ses voisins mexicain ou colombien sur les marchés d’exportation, le café du Honduras s’est imposé en moins de deux décennies comme l’une des origines les plus intéressantes d’Amérique centrale. Pas forcément pour un prestige de vitrine, mais pour la diversité concrète de ses terroirs et la qualité qu’il peut atteindre en altitude.
Le Honduras, premier producteur d’Amérique centrale
Le Honduras produit aujourd’hui environ 7 millions de sacs de 60 kg par an, ce qui en fait le premier producteur de café d’Amérique centrale, devant le Guatemala et le Costa Rica. En 2000, la production hondurienne plafonnait à moins de 2 millions de sacs : la montée en puissance est récente, portée en grande partie par les efforts de l’IHCAFE, l’Institut hondurien du café.
Fondé en 1970 par le gouvernement hondurien, l’IHCAFE supervise l’assistance technique aux producteurs, le contrôle qualité à l’export et la promotion des cafés du pays sur les marchés internationaux. C’est lui qui a formalisé les six régions caféières officielles, bien avant que d’autres pays voisins n’adoptent le même type de découpage territorial. Environ 120 000 familles de producteurs cultivent du café dans 210 des 298 municipalités du pays, ce qui fait de la filière un pilier de l’économie rurale hondurienne, représentant environ 30 % des recettes agricoles nationales.
La quasi-totalité de la production est en arabica, traité majoritairement par voie humide. Les variétés cultivées vont du classique Bourbon et du Caturra aux sélections locales de l’IHCAFE, comme le Lempira (1971) et l’IHCAFE 90 (1985), développées pour résister à la rouille des feuilles. Pour un point de comparaison avec une autre grande origine d’Amérique latine, le café de Colombie offre un profil voisin en altitude, mais avec des variétés et des grades de qualité sensiblement différents.
Les 6 régions caféières du Honduras
Les six régions officielles délimitées par l’IHCAFE se distinguent chacune par leur altitude, leur microlimat et leur profil aromatique. Six régions, six profils.
| Région | Altitude | Profil aromatique |
|---|---|---|
| Copán | 1 000-1 700 m | Chocolat, caramel, agrumes ; corps gras, acidité délicate. 98 % sous couvert forestier. |
| Opalaca | 1 100-1 500 m | Fruits tropicaux, baies, floral ; acidité fine et équilibrée |
| Montecillos (Marcala) | 1 200-1 700 m | Agrumes, pêche, abricot, caramel ; corps velouté, acidité vive |
| Comayagua | 1 000-1 500 m | Mangue, jasmin, citron, miel ; acidité vive |
| El Paraíso | 1 000-1 400 m | Doux, citrique, notes fines selon les lots |
| Agalta | 1 100-1 600 m | Fruits tropicaux, chocolat, caramel, acidité prononcée |
La région de Montecillos mérite une attention particulière. Elle inclut Marcala, qui détient depuis 2005 la première appellation d’origine protégée (DOP) pour un café en Amérique centrale : seuls les grains produits dans ce périmètre précis peuvent porter cette mention. C’est bien là le sens de la DOP, d’ailleurs : garantir non seulement l’origine géographique, mais aussi un niveau minimal de qualité contrôlé. Pour un autre profil d’Amérique centrale en altitude, le café du Guatemala offre une base de comparaison utile, avec des terroirs tout aussi variés.

Altitude et qualité : High Grown et Strictly High Grown
L’altitude est le premier déterminant de qualité pour un café hondurien : plus le caféier pousse en hauteur, plus la maturation des cerises est lente, ce qui concentre les sucres, renforce la densité du grain et affine l’acidité. Deux classifications officielles traduisent cette réalité : High Grown (HG), entre 1 000 et 1 500 m, et Strictly High Grown (SHG), au-dessus de 1 200 à 1 500 m selon les terroirs.
Un café classé SHG offre en général une acidité plus fine, un corps satisfaisant et une palette aromatique plus développée qu’un café de basse altitude. C’est ce grade qui domine dans les lots de spécialité honduriens et dans les compétitions internationales. L’Organisation internationale du café (ICO) note le Honduras parmi les origines d’Amérique centrale ayant le plus progressé en qualité ces vingt dernières années. La Cup of Excellence, présente au Honduras depuis 2004, a joué un rôle majeur dans cette reconnaissance internationale.
Procédé lavé et méthodes alternatives
Environ 90 % de la production hondurienne utilise le procédé lavé (washed) : après dépulpage des cerises, les grains parche fermentent en eau avant d’être séchés. Ce traitement met en valeur la clarté du profil aromatique et l’acidité franche du café, ce qui contribue à l’identité accessible et bien définie du Honduras dans la tasse.
Depuis le début des années 2010, des méthodes alternatives se développent rapidement dans les micro-lots haut de gamme. Le honey process (parche séché avec une partie de la pulpe résiduelle) apporte davantage de rondeur et de douceur fruitée ; les fermentations anaérobiques et carboniques, expérimentées dans quelques fincas d’El Paraíso et de Montecillos, produisent des lots nettement plus vineux et aromatiques, très recherchés lors des sélections Cup of Excellence. Ça va vite, en fait, depuis que les torréfacteurs de spécialité mondiaux ont commencé à prospecter sérieusement en Amérique centrale. La Specialty Coffee Association (SCA) accompagne cette évolution en formant directement les producteurs dans les pays d’origine.
Profil de tasse : ce qu’on trouve dans la tasse
Un café du Honduras bien sélectionné offre un profil accessible et équilibré : notes de chocolat au lait et de caramel, soutenues par des touches de fruits tropicaux (mangue, pêche) selon la région, et une acidité douce qui n’agresse pas le palais. Le corps est moyen à plein. Cette polyvalence en fait une excellente base aussi bien pour l’espresso que pour le filtre, et une porte d’entrée naturelle pour découvrir les cafés d’origine.

Parmi les lots les plus recherchés, les micro-lots de compétition témoignent du potentiel exceptionnel de certains terroirs. En 2017, un lot Parainema de la région El Paraíso a atteint 124,50 dollars la livre à la Cup of Excellence, un record pour le Honduras. Ce résultat illustre une tendance plus large : selon la Cirad, la filière hondurienne continue d’investir dans la sélection variétale et les pratiques durables pour pérenniser cette montée en gamme.
Le café du Honduras ne cherche pas à s’imposer par une étiquette de prestige : il convainc par ce qu’il y a dans la tasse. Six régions, des altitudes parmi les plus favorables d’Amérique centrale, une filière qui a mis trente ans à construire sa crédibilité depuis les plaines vers les hauteurs. Si vous n’avez pas encore exploré cette origine, commencez par un lot de Montecillos ou de Copán : vous comprendrez pourquoi les torréfacteurs de spécialité y reviennent chaque saison.
FAQ : vos questions sur le café du Honduras
Quelle est la différence entre un café High Grown et un café Strictly High Grown du Honduras ?
Le grade High Grown (HG) désigne un café cultivé entre 1 000 et 1 500 m d’altitude, tandis que Strictly High Grown (SHG) correspond aux cultures au-dessus de 1 200 à 1 500 m selon les terroirs. La maturation plus lente en altitude SHG produit des grains plus denses, avec une acidité plus fine et une complexité aromatique plus marquée.
Qu’est-ce que la DOP Marcala ?
La DOP “Café de Marcala”, obtenue en 2005, est la première appellation d’origine protégée pour un café en Amérique centrale. Elle garantit que le café provient exclusivement de la région de Marcala, dans les Montecillos (Honduras), et respecte les critères de qualité définis par l’IHCAFE.
Quelles régions du Honduras produisent les cafés les plus complexes ?
Montecillos (Marcala) et Copán sont les deux régions les plus reconnues pour leur qualité constante. Montecillos se distingue par une acidité vive et des notes fruitées ; Copán offre davantage de chocolat et de caramel avec un corps gras. La région El Paraíso est appréciée pour ses lots Parainema aux notes douces et citriques.
Comment préparer un café du Honduras pour en profiter pleinement ?
Un Honduras de qualité SHG s’exprime très bien en filtre (V60 ou Chemex), qui valorise son acidité et ses notes fruitées. Pour un espresso, privilégiez un lot de Copán ou de Comayagua pour son corps plus généreux. Évitez une mouture trop fine qui accentuerait l’amertume au détriment des notes de fruits et de caramel.
Le café du Honduras est-il disponible en version bio ou commerce équitable ?
Oui. Environ 5 à 8 % de la production hondurienne est certifiée biologique, et de nombreux producteurs détiennent aussi des certifications Fairtrade, Rainforest Alliance ou Bird Friendly, notamment à Copán où 98 % de la culture est sous couvert forestier. Ces certifications coexistent souvent avec les critères de qualité du café de spécialité SCA.
- IHCAFE (Instituto Hondureño del Café) : données sur les régions productrices, les variétés et la qualité
- ICO (Organisation internationale du café) : statistiques de production et d’exportation mondiales
- SCA (Specialty Coffee Association) : critères de qualité et notation des cafés de spécialité
- Cirad : recherche sur les variétés caféières et la filière tropicale